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5 astuces pour « réseauter »

Aujourd’hui, la carrière professionnelle est longue et tumultueuse, à tel point qu’il ne suffit plus d’une bonne expérience pour la booster. Entrer dans un réseau en tissant des liens durables, en misant sur l’entraide, permet de rester vigilant. Voici 5 pistes pour "réseauter" utile.

Interrogés sur leurs motivations à intégrer un réseau, les directeurs juridiques répondent en vrac : connaître le milieu dans lequel ils évoluent, tisser des liens, partager des expériences … Avec en arrières pensées avouées le traitement plus aisé – parce que plus direct - d’éventuelles négociations ou de situations de blocage, l’optimisation de leur gestion de  carrière, etc.

Bref des ondes positives semblent sortir des réseaux qui, pourtant, en effraient encore plus d’un…

1. Combattre les « à priori »

L’un des principaux freins au « réseautage » peut être la timidité ou une certaine paresse à aller au devant de ses pairs. Or, réseauter n’est pas réservé aux personnalités extraverties ! La démarche n’est pas assimilée à du piston et ne constitue pas le domaine réservé d’une certaine élite. Exit les idées reçues ! « Il ne s’agit ni d’opportunisme ni d’un terme péjoratif. Au contraire, le réseau, appréhendé de manière bienveillante et honnête, comme un lieu échange, et basé sur les principes du don et du contre don – je recommande à ce propos la lecture de « La Révolution du don » d’Alain Caillé et Jean-Edouard Grésy - , s’avère très positif pour les relations humaines et professionnelles » déclare Claire Olive-Lorthioir, administrateur du Cercle Montesquieu, responsable de la Commission Gouvernance et Ethique et responsable du Comité de lecture de la commission femmes du Cercle Montesquieu.

Oui, mais comment faire ? « Rejoindre un réseau nécessite d’aller assister à des événements, une astuce pour vaincre sa timidité est d’arriver en avance, de sorte qu’il est possible de commencer à discuter avec quelques personnes et de faire connaissance sans avoir à affronter une salle entière » recommande Delphine Bordier, également membre du Cercle Montesquieu et actuellement en recherche d’un poste de directrice juridique à Londres. Répondre aux invitations, s'efforcer de s’y rendre, entrer en contact, échanger sa carte de visite – outil indispensable à tout candidat au réseautage – telles sont les premières démarches à entamer. Sachant qu’il s’agit d’un investissement à long terme…

2. Définir ses objectifs

« Il ne s’agit pas de rejoindre un réseau à tout prix, mais de s’inscrire dans un mouvement. C’est pourquoi il convient d'identifier ses objectifs » conseille Delphine Bordier. Recherche d’emploi ? Gestion de carrière ? Élargissement de ses horizons ? Engagement associatif ? Tous ces objectifs ? Selon les cas, le type de réseau à cibler diffère. A Londres, Delphine Bordier est confrontée aux us et coutumes des Anglais et pour la juriste nouvellement installée, l’objectif est de s’intégrer. « Je me force à participer à la vie locale » dit-elle. Car au fond « réseauter », c’est d’abord souscrire à des valeurs communes et les partager.

3. S’assurer une présence sur les réseaux sociaux

À l’heure du Web 3.0, se constituer un réseau passe forcement par Internet. La création d’un compte sur Linkedin apparait comme un pré requis. Aujourd’hui, les jeunes juristes ont intérêt à réseauter dès la sortie de l’école. Le digital fournit un excellent terrain d’expérimentation pour rejoindre des groupes de discussion, tisser des liens … et les entretenir par des échanges réguliers !

4. Choisir son réseau professionnel

L’entrée dans un réseau passe par de la cooptation, par le bouche à oreille. Bref, par le relationnel. Il faut donc être ouvert, attentif et aux aguets. Évidemment certains semblent plus légitimes que d’autres. « En accédant au poste de directeur juridique, il semble naturel d’intégrer le Cercle Montesquieu » déclare Jean-Charles Henry, directeur juridiques affaires interne de CGI France (services numériques), membre du Cercle et également co-président de l’Agora des directeurs juridiques. L’idéal étant de participer à un ou deux réseaux. « Dans mon cas, le Cercle Montesquieu pour les échanges autour des compétences métiers et l’Agora pour les compétences extra juridiques » ajoute Jean-Charles Henry. Il existe aussi les réseaux intra-entreprise permettant de tisser des liens transversaux en interne, les réseaux qui regroupent les femmes cadres dirigeantes, etc.

5. S’impliquer

Pas question de se contenter d’intégrer un réseau sans y être actif. « Il est inutile d'adhérer à un grand nombre de réseaux, par contre il est essentiel d’être visible» précise Delphine Bordier. Sorties, dîners, conférences, séances de travail en commission, proposition de sujets … les activités sont nombreuses et diversifiées. « Il faut être moteur, prendre la parole, venir enrichir le système » commente Jean-Charles Henry. Ainsi témoigne Bénédicte Wautelet, directrice juridique du groupe Figaro, qui dirige le Prix du Cercle Montesquieu, récompensant les meilleurs ouvrages en droit des affaires ou sur la gestion des fonctions juridiques, « ce travail m’offre l’opportunité de rencontrer des personnes que je n’aurais pas l’occasion de côtoyer ailleurs ». Des actions pour élargir son horizon et faire rayonner sa profession …

Véronique Méot
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Véronique Méot
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