"Tous unis pour aider notre prochain" "S'entraider face à l'adversité". En cette matinée de rentrée, les étudiants en première année de l'IRTS Champagne-Ardenne se retrouvent par groupe de cinq-six pour discuter et écrire leurs motivations, leurs envies et leurs appréhensions pour exercer un métier dans le travail social. Quatre filières sont représentées ce jour-là : les assistants de service social (ASS), les éducateurs spécialisés (ES), les éducateurs de jeunes enfants (EJE) et les éducateurs techniques spécialisés (ETS).
Avec leurs mots et des visuels récupérés dans les magazines, ils doivent construire une affiche qui exprime pourquoi ils sont là et comment ils voient leur métier. Ensuite, chaque groupe présente, devant les autres, l'affiche qu'il a réalisée. Reviennent souvent des souvenirs personnels, parfois très lointains, qui ont éveillé la conscience sociale. "Fille de militaire, j'étais en Guyane et j'ai vu un bidonville. J'étais très jeune, mais cela n'est jamais passé", explique une jeune fille, encore toute émue de cette rencontre avec la violence de la misère. Un jeune étudiant se souvient que, placé enfant dans une famille d'accueil la semaine, il collait aux basques de l'assistante familiale. Mais la "vocation" peut aussi venir d'une expérience dans un cadre plus professionnel. Un autre étudiant raconte : "Quand j'étais gendarme adjoint, j'ai vu la misère et j'ai compris que je n'étais pas du bon côté. Je voulais avoir une approche éducative".
La présentation des productions collectives est parfois l'occasion d'engager des débats de fond. Un groupe a dessiné un bouclier sur une affiche. Question de la formatrice sur la signification de cet objet à destination militaire. Réponse : "Il va y avoir des agressions émotionnelles. Il faut se protéger sinon on va s'effondrer". Un autre étudiant exprime son désaccord : "Pour construire une relation avec les personnes, il ne faut pas se blinder." Réplique de celle qui a parlé de bouclier : "Quand on s'attachera aux usagers, on risque de souffrir." Les trois années d'études qui s'ouvrent vont permettre d'approfondir ces questions de fond.
L'après-midi est consacrée à des informations en amphi avec les 150 étudiants de ces quatre filières. On explique qu'il sera peut-être possible d'effectuer le stage long de seconde année à l'étranger (voir vidéo). Quelques étudiants déjà partis ou en voie de le faire racontent la longue préparation préalable au départ vers la Belgique, l'Espagne, la Grande-Bretagne ou le Canada.
Plusieurs vidéos d'étudiants en travail social réalisées en 2015/2016 par la rédaction de tsa (voir notre dossier) sont également présentées. L'occasion d'aborder le rôle crucial des stages, l'importance de l'écrit et de suivre les premiers pas des professionnels dans leur métier. Et puis une bonne nouvelle est délivrée aux nouveaux venus de l'IRTS : ils ont toutes les chances de décrocher rapidement un emploi après leur sortie d'études (lire l'interview ci-dessous). Il ne reste plus qu'à entrer dans le vif du sujet : étudier et se former à un métier du travail social.