En 2016, une maison de retraite est plus rentable qu’un centre commercial
Le secteur des maisons de retraite commerciales ne s’est jamais aussi bien porté, selon une étude du cabinet de conseil en immobilier Savills. Après une explosion des investissements à partir de 2012, ces derniers ont enregistré une nouvelle hausse de 60 % au premier semestre 2016 par rapport à la même période en 2015. Soit 1,3 milliard d'euros attendus fin 2016. Ce qui place la France au rang de premier investisseur et premier opérateur européen de résidences pour personnes âgées. « Etant donné l’évolution démographique et la stabilité de cet investissement, il s’agit d’un très bon choix à long terme », estime Lydia Brissy, responsable des études européennes à Savills.
Ce mouvement de regroupement et de concentration ne se limite pas au secteur privé commercial. En juillet 2016, le groupe associatif Arefo-Arpad a fusionné avec Arepa pour donner lieu au premier groupe associatif français, Arpavie. Selon Alain Lecerf, administrateur de l’Uriopss Ile-de-France et ancien directeur d’Arefo-Arpad, cette recherche de rentabilité ne convient pas à l’accueil des personnes âgées. « Cette activité devrait faire partie des activités régaliennes de l’Etat. Or, il a abandonné le secteur dans les années 90 / 2000 pour laisser la place aux groupes privés. A long terme, l’approche capitalistique et immobilière de la résidence pour personnes âgées n’est pas sans conséquences. Je suis inquiet sur la possibilité de concilier la nécessité des personnes âgées à se loger et l’exigence de rentabilité immobilière d’un actionnaire. »