A la une

Commerce en ligne : le Covid-19 grippe-t-il toute activité ?

En période de confinement, la vente en ligne reste pour l’instant autorisée mais il faudra réfléchir aux moyens de livraison.

Amazon ne craindrait pas le Covid-19. Hier, le géant américain de la vente en ligne annonçait recruter 100 000 personnes de plus aux États-Unis et augmenter ses livreurs - notamment en Europe de 2 euros de l’heure - en prévision de l’afflux de commandes qu’il anticipe de la part de nombreux habitants du globe désormais - ou bientôt - confinés chez eux. En France, depuis mercredi 12h00 et jusqu’au 31 mars, les déplacements hors domicile sont par principe interdits, sauf attestation dûment remplie. Dans ces conditions, les entreprises du B to C qui proposent la vente de produits en ligne peuvent-elles maintenir leur activité ? « Oui », nous répond La Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad).

Pour se rendre en entrepôt et livrer les déplacements sont autorisés

L’exception qui joue. Le décret du 16 mars autorise les « trajets entre le domicile et le ou les lieux d’exercice de l’activité professionnelle et déplacements professionnels insusceptibles d’être différés ». Cette disposition du décret est-elle alors applicable aux salariés travaillant dans la logistique e-commerce (entrepôts/livraisons) ? La Fevad est intervenue auprès des pouvoirs publics pour obtenir des précisions : « A ce stade, la vente en ligne reste autorisée pendant le confinement. Les déplacements domicile-travail restent autorisés pour les métiers pour lesquels le télétravail n’est pas possible et à condition que les règles de distanciation au sein de l’entreprise soient strictement respectées », indique la Fédération.

Faudra-t-il montrer deux laissés passés ?

Pour les déplacements, deux attestations semblent nécessaires. Tout d’abord un document à remplir par l’entreprise. Il certifie « que les déplacements de la personne, entre son domicile et son lieu d’activité professionnelle, ne peuvent être différés ou sont indispensables à l’exercice d’activités ne pouvant être organisées sous forme de télétravail ». Il serait à remplir une seule fois, selon la Fevad. Le livreur ou le manutentionnaire pourrait aussi avoir à compléter la déclaration individuelle que chaque Français doit désormais signer pour justifier de son moindre déplacement.

L’entreprise doit-elle garantir à ses livreurs ou s’assurer qu’ils se protègent vis-à-vis du Covid-19 ? Probablement. « Un projet de guide sur les consignes de sécurité à suivre va être prochainement mis en place », précise la Fevad. Ce serait le cabinet de Cedric O, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances et du ministre de l’Action et des Comptes publics, chargé du Numérique qui s’en chargerait. Il suivrait le modèle de celui rédigé pour les livraisons de denrées alimentaires.

Recourir à La Poste

Comment faire livrer ses commandes ? De nombreux points relais sont déjà fermés. Et Mondial Relay annonçait hier suspendre son activité en France.

Quant aux postiers, ils assurent la grande majorité de leur tournée, indiquait La Poste de son côté. Le Groupe leur recommande le respect des gestes barrières (se laver les mains, tousser dans son coude, ne pas serrer la main, utiliser des mouchoirs jetables) et de se tenir à distance du public…

 

Sophie Bridier
Ecrit par
Sophie Bridier
Mots-clés