Plusieurs facteurs peuvent perturber la prise de décision des managers juridiques. Voici comment créer les conditions favorables à un choix serein et éclairé.
1 - Dédramatiser la situation
Pour Karine Aubry, coach et fondatrice du cabinet Kolibri Coaching, lorsqu’un manager peine à prendre une décision, cela peut s’expliquer par la grande pression qu’il s’inflige : « Un manager qui surestime les enjeux et les conséquences de la décision à prendre aura du mal à faire un choix, surtout si de surcroît, il n’est pas soutenu par sa hiérarchie ou son entourage ». Or, en analysant la décision à prendre, on peut très bien s’apercevoir que les enjeux ne sont pas si importants, et qu’il n’y a aucune urgence à se prononcer. Il ne faut pas hésiter à s’accorder un délai pour rassembler les éléments qui permettront de trancher et prendre une décision bien pesée.
2 - Gérer ses émotions
Difficile de prendre une bonne décision sous l’emprise de l’émotion. La colère est très mauvaise conseillère et peut mener à des décisions brutales que l’on peut regretter par la suite, comme la sanction injuste d’un collaborateur. « La peur et le doute sont quant à elles des émotions paralysantes, qui peuvent faire perdre ses moyens au manager », souligne Karine Aubry. Raisonner à froid, arrêter de se poser des questions qui font douter, se lancer dans l’action : ce sont les clés pour maîtriser ses émotions.
3 - Sortir de l’isolement
Qu’aurait fait tel collègue expérimenté à votre place ? Que pense votre responsable hiérarchique de la décision à prendre ? Pour décortiquer et analyser une situation, il est utile de consulter votre entourage, en particulier les personnes bienveillantes et compétentes. Il peut être intéressant également de parler de la décision à prendre avec vos collaborateurs, ce qui accentue le côté « management participatif » du directeur juridique.
4 - Bâtir des plans
« Il est difficile de se décider lorsqu’on n’a pas beaucoup de choix, en résumé lorsqu'il faut se décider entre la peste et le choléra », prévient Karine Aubry. Or, en réfléchissant, en échafaudant des scénarios et en les comparant, de nouvelles voies peuvent surgir, qui vont alléger et faciliter la prise de décision. Il s’agit tout simplement de faire preuve de créativité, et par là même, de prouver aux opérationnels - par exemple les commerciaux - que la direction juridique met tout en œuvre pour trouver de nouvelles pistes qui agréent toutes les parties. Enfin, vous pouvez aussi, occasionnellement, recourir à la bonne vieille méthode de la colonne « pour » et de celle « contre » afin d’éclairer la prise de décision. Il faut cependant rester objectif et bien énumérer tous les arguments.
5 - Interroger son for intérieur
« Il est très pratique de s’en remettre à son intuition pour décider, surtout si celle-ci nous a bien servi par le passé », reconnaît Karine Aubry. Le problème, c’est que l’intuition peut faire défaut, notamment à force de ressasser un problème. « Il faut alors se reconnecter à sa voix intérieure, en se demandant simplement "Que ferais-je si j’étais sûr de faire le bon choix ?"», explique la coach. Autrement dit, en toute spontanéité et en l’absence de toute considération extérieure, quelle serait la décision ?
Pour une décision d’ordre personnel - comme par exemple accepter ou non un nouveau poste - il peut être utile de tirer à pile ou face grâce à une pièce de monnaie à laquelle on attribue deux possibilités. Immédiatement après avoir jeté la pièce et constaté le résultat, il faut s’écouter et capter sa réaction première. Si l’on est spontanément déçu, c’est que le choix imposé par la pièce de monnaie ne convient pas.